Debrief IRONMAN ARIZONA : PYF Finisher VS PYF Performer

A occasion exceptionnelle, rapport de course exceptionnelle puisque écrit et mis en ligne à plusieurs milliers de mètres d’altitude via le réseau WIFI de mon avion DELTA Phoenix-Detroit ! On arrête pas le progrès :-) !

Avec presque 72h de recul maintenant, je ne sais pas s’il est plus facile de vous faire partager cette expérience qu’était mon premier Ironman. Certaines émotions à chaud se sont quelque peu atténuées et ont laissé place à un peu de réflexion/remise en question quant au pourquoi de ce mal de ventre qui m’a arrêté à pieds… c’est le perfectionniste en moi qui parle (on l’appellera Performer) mais ce petit saligot est têtu et je n’arrive pas à le faire taire dans un coin de ma tête. Le fait que je n’ai quasi aucune courbature depuis trois jours tend à me conforter dans l’idée que je ne me suis vraiment pas exprimé comme je l’aurais du à pieds. Il y a un mois après le semi-marathon de Bourges, course qui n’a duré « qu’1h14mn26s » je suis resté 3 jours sans pouvoir marcher, là après un Ironman rien de tout ça, bas du dos et fessiers un peu tendus, quadriceps un peu durs, mais vraiment rien à la hauteur de la durée de l’épreuve et pas du tout ce à quoi je m’attendais. Vous pourriez me dire « bah t’avais qu’à courir plus vite et te faire un peu mal fainéasse plutôt que de pleurnicher maintenant » et vous auriez… raison, malheureusement mon idiot de ventre en a décidé autrement.

Bon ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis hyper content et fier d’être Finisher d’un Ironman, j’ai pu cocher dans ma liste des rêves sportifs le dernier qu’il me restait et ça ça n’a pas de prix. Il y a cette joie extraodinaire de l’avoir fait et cela excuse presque la fracture de la clavicule du mois de juillet, sans celle-ci j’aurais peut-être été fatigué en fin de saison et j’aurais peut-être encore reporté ce défi à plus tard. Là n’ayant pu nager jusqu’à mi-fin septembre, c’était génial de se préparer pour un beau défi sans avoir l’impression de passer à coté d’autres courses pour privilégier la préparation pour l’Ironman puisque de toute façon je ne pouvais m’aligner nulle part.

Et puis à la joie du « Finisher » vient s’opposer la petite voix du « Performer » qui lui me dit « Comment t’es tu débrouillé pour choper un mal de bide pareil ? T’avais juste à courir non stop pour faire le marathon en moins de 3h et tu serais rentré sous les 9h »… oh qu’il m’énerve ce petit bonhomme, car au fond de moi je sais qu’il a raison :-( !

Aller rentrons dans le détail et voyons pour chaque discipline le bon (ce qu’a à dire le Finisher) et le moins bon (vous l’aurez compris la voix du Performer), petit hommage à mon idole Renaud avec « le Renaud et le Renard » en quelque sorte !

NATATION (3,8km – 1h02)

Le bon : Déjà une fois n’est pas coutume j’étais prêt bien en avance, l’aire de transition hyper bien organisée (je reviendrai sur l’orga) y fut surement pour quelque chose. Je n’avais jamais nagé 3,8km en eau libre et j’en suis venu à bout dans un temps inférieur à ce que j’espérais. Je craignais d’avoir mal à mon épaule encore convalescente, d’autant que je n’avais pas enfilé de combi depuis le Xterra France mais à ma bonne surprise il n’en fut rien. Je ne suis même pas sorti dernier des pros de l’eau, ils restaient des sacs d’athètes pros dans l’aire de transition, c’est assez rare pour être signalé !

Le moins bon : Mon manque de professionnalisme, j’aurais du me rendre sur place à 6h45 la veille ou l’avant veille pour repérer si le soleil était déjà en train de se lever et donc éblouissant ou non, les courbures un peu « bizaroîdes » de Lake Tempe, etc. Il y avait en effet du temps à gagner en orientation sur ce parcours. J’ai acheté des lunettes miroir à J-2, on m’avait bien prévenu « attention à la buée sur des lunettes miroir » et ça n’a pas raté, j’avais bien préparé mes lunettes mais finalement j’ai fait un très mauvais choix, jamais eu le soleil pleine face finalement sur l’aller (pas encore vraiment levé) et entre les verres très foncés et la buée je n’y voyais pas à 20 mètres. Du coup à passer mon temps à essayer de voir où j’allais j’ai eu du mal à poser ma nage et j’ai beaucoup creusé le bas du dos d’où des douleurs sur le retour. Je n’ai pas mis le GPS dans le bonnet (j’ai hésité longuement et je l’ai finalement joué simplicité) donc je peux pas être 100% affirmatif mais j’ai du faire beaucoup de chemin bien inutile sur cette première discipline.

Bilan natation : le Finisher l’emporte largement quand même, je m’en suis bien tiré quand on sait d’où je reviens en natation (vous m’auriez vu nager ne serait-ce que 4 semaines avant la course, vous comprendriez de quoi je parle). Finisher 1 – Performer 0 ;-) .

VELO (180km – 4h48) –> courbe et détails sur Trainingpeaks, cliquez ici.

Le bon : Mon vélo était hyper bien préparé, j’avais pile ce qu’il fallait de ma boisson préférée et en apports solides. Le chrono de 4h48 est un peu en dessous de ce que je souhaitais faire et les petits calculs mentaux que je me suis appliqué à faire pendant l’épreuve (du fait qu’il y avait trois tours il était facile d’avoir des repères) m’ont autorisé à relâcher les watts sur le dernier tour dans le but d’arriver plus frais sur la course à pieds.

Le moins bon : en sortant dans les derniers pros de l’eau mais devant les amateurs, j’ai fait tout le vélo tout seul, je n’ai à aucun moment pu profiter d’un quelconque effet de groupe (dans les règles du drafting bien entendu). Les pros que j’ai rattrapés allaient beaucoup moins vite que moi et le seul amateur qui m’a doublé allait un poil trop vite pour moi. Pour être dans mon allure il a donc fallu faire 100% de l’épreuve tout seul. Pas top non plus, les fessiers hyper tendus à partir du deuxième tour, peut-être parce que ma selle était 1mm trop haute, à moins que ce ne soit les 3,8km de natation avant, en tout cas ce ne fut pas très agréable et ce n’est pas quelque chose que j’avais ressenti sur les entraînements.

Bilan vélo : là aussi le finisher l’emporte, très bon chrono si l’on considère que je fais 58kg et que le parcours ne me convenait par conséquent pas du tout, bonne gestion qui m’a permis de rentrer dans l’aire de transition pour attaquer la course à pieds dans une situation idéale à savoir avec moins de 6h, avec une bonne fraîcheur physique et bien alimenté. Comme je l’ai dit dans mon article post-course précédent, dans un monde parfait ne me restait qu’à courir moins de 3h pour franchir la ligne sous les 9h… mais vous connaissez déjà la suite. Finisher 2 – Performer 0.

COURSE A PIEDS (42,195km – 3h25) –> courbe et détails sur Trainingpeaks, cliquez ici.

Le bon : J’ai fait une transition très rapide pour attaquer la CAP. J’ai couru mon premier marathon :-) ! Sur les premiers kilomètres l’allure pour courir moins de 3h me semble hyper facile à tenir avec vraiment une foulée très « smooth » au regard des efforts déjà consentis avant. Le choix des chaussures, j’ai mis longtemps à trouver mais elles ont été juste parfaites ! Le premier semi-marathon, même si j’ai rapidement été malade et que j’ai du m’arrêter une première fois aux toilettes durant le 7ème kilomètre, je suis quand même passé à 21,1km en 1h32mn23s, problème il restait un second semi à effectuer. Bons aussi furent les 3-4 derniers kilomètres, après 1h galère, mon ventre a fini par me laisser en paix et j’ai retrouvé une super foulée dans le final, reprenant même d’autres coureurs dans la dernière longue ligne droite.

Le moins bon : Je n’avais pas bien étudié les boissons disponibles sur les ravitos et il aurait été fort judicieux de s’entraîner avec les jours/semaines avant la course. Dès le premier ravito c’est eau ou boisson énergétique Powerbar Perform. Je sais pertinemment qu’il ne faut pas abuser de l’eau pure surtout sur du long et dès le premier gobelet de Powerbar Perform je me rappelle que c’est le genre de boissons très chimiques que je déteste, le genre avec colorants qui laissent votre bidon jaune/orange même quand vous le rincez cinq fois ! Je pars donc dans l’idée d’alterner un ravito avec boisson énergetique et un ravito avec eau. Je n’ai pas voulu courir avec une ceinture avec mes bidons car cela m’est assez désagréable mais sur du long comme ça et compte tenu de ma sensibilité il aurait fallu faire l’effort. Le second arrêt aux toilettes… 5mn de perdues dans une cabine qui pue, rires ! Le temps pourri sur marathon avec beaucoup de marche à pieds (alors que j’étais venu pour courir), 3h25… je pense être capable de le reproduire n’importe quand même sur la neige cet hiver, c’est dire la contre-performance. Ah et sinon il paraît que l’immodium ça marche bien pour passer une journée plus tranquille… dommage que je n’accepte pas de prendre de genre de choses, si je pouvais revenir en arrière je ferais sans doute une exception ;-) . Paraît aussi que si j’avais été plus malin je n’aurais pas mangé de légumes verts le samedi midi, les erreurs du rookie (débutant) ! Pire souvenir à 1h48 quand j’ai passé un ravito en marchant comme je le fais parfois mais qu’en sortant du ravito je n’ai pas réussi à recourir (trop mal au ventre) et j’ai continué à marcher, c’est le tournant de la course… celui où j’ai compris que je n’allais pas sortir du trou si facilement. Et dernier mauvais point, quand j’ai commencé à marcher j’ai compris que j’avais perdu mon pari avec Anthony Pannier (mettre entre 9h01 et 9h11) et du coup je me suis rappelé que quand on rentrait on était bons Caro et moi à inviter Anthony et Emilie au resto chinois, ce fut le pire moment de la journée, rires !!!

Bilan CAP : le Performer l’emporte, j’ai pris goût à la course à pieds et j’avais géré toute la journée pour me faire plaisir sur le marathon, au final je me suis fait plaisir 5km au début et 3km à la fin, tout le reste à été assez compliqué, ce qui ne m’a pas empêché d’y éprouver un certain plaisir car à aucun moment je ne me suis dit que j’allais abandonner, je savais que j’allais terminer, je ne savais simplement pas combien d’arrêts toilettes cela prendrait ni combien de kilomètres en marchant. Finisher 2 – Performer 1.

BILAN IRONMAN (9h21mn18s – 56ème scratch et 33ème Pro) –> résultats complets ici vous me trouverez en page 2.

Au diable le Performer, je suis un IRON MAN, pas sous les 9h que le Performer a cru pouvoir chasser quasi toute la journée mais en 9h21mn18s ce n’est quand même la cata non plus (je suis bien conscient que beaucoup paierait pour un chrono comme celui là). J’ai su rebondir sur l’objectif initial quand les choses se sont compliqués, être finisher et si possible sous les 9h30 et j’ai apprecié le voyage autant que la destination, je crois que j’ai même apprécié les mauvais moments, la finish line d’un IRONMAN ça se mérite et même si je n’ai pas été confronté aux gros soucis musculaires qu’une course pleine m’aurait peut-être amenée en fin de marathon, j’ai surmonté les obstacles qui se sont présentés à moi. Sur les triathlons plus courts la 4ème discipline ce sont les transitions avec le temps qu’on peut y perdre ou y gagner, sur Ironman la 4ème discipline c’est la nutrition, c’est une bonne leçon de prise et si je dois donner un conseil à quelqu’un ça sera d’être plus malin et mieux préparé que je ne l’ai été de ce coté là.

Et l’ami Performer, tu peux te dire que j’ai quand même essayé de te faire plaisir, j’aurai pu rouler tout cool en vélo et courir tranquille, en ne prenant aucun risque je n’aurai pas pu faire mieux que 9h15 mais j’aurai sans doute fait 9h15… là j’ai essayé de te faire plaisir en allant chercher les 9h, sincèrement désolé que ça n’ait pas marché ;-) .

BILAN ORGANISATION

Un énorme coup de chapeau à l’organisation qui est super bien rodée, à l’ensemble des bénévoles et des supporters, l’ambiance sur cette course est juste exceptionnelle ! Même dans la douleur le marathon restera rien que pour ça inoubliable. Si vous aimez les parcours relativement roulants et les courses à grosse ambiance, Ironman Arizona est fait pour vous. Par contre c’est déjà plein pour 2014 (course pleine dès lundi matin pour l’an prochain) il faudra donc attendre 2015 maintenant pour s’y frotter.

Ne me restera plus qu’à poster photos et vidéos et à vous raconter mon mardi (J+2 après la course avec une truc assez sympa de fait) à mon retour ce que je ne manquerai pas de faire.

(S)portez-vous bien !

Pyf

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2 réponses à Debrief IRONMAN ARIZONA : PYF Finisher VS PYF Performer

  1. Bossler dit :

    L’important est d’aller au bout de ses rêves, et tu l’as fait. Bravo.

  2. Jérôme dit :

    Bien d’accord avec Jeff. Et quel mental ! Après tant d’heures d’effort. Et puis j’imagine toute la prépa en amont de cet objectif et ce après une blessure.Chapeau bas !

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