USA suite, une mauvaise journée pour deux bonnes

Vendredi 4 août
 
Je commence par la mauvaise journée, ça tombe bien c’est chronologiquement la première des trois que j’ai à vous conter.
Je me réveille donc vendredi matin avec la ferme intention de faire une grosse sortie de minimum quatre heures. Après un peu d’MSN avec ma Caro, je me prépare donc pour environ 2h de route et dirt road (les routes en terre comme il y en a pas mal aux US) puis un tour du circuit de XC que j’ai tant apprécié la veille.
Camelback rempli à ras bord, une bouteille pleine en plus dans une poche, l’appareil photo dans une autre, je suis prêt. Il est 8h20 quand je pars à la fraiche (il ne fait pas très chaud à cette altitude de bon matin) pour cette sortie "d’entraînement touristique". Je pars quand même en cuissard court et maillot en me disant que de toute façon ça ne pourra que se réchauffer.
De suite en partant, je me sens mieux que la veille, une nuit de plus en altitude m’a fait le plus grand bien : moins essouflé, plus en jambes, voilà qui laisse augurer une sortie des plus agréables.
La sortie commence donc par une longue montée sur route, suivi d’une descente tout aussi longue (mais ça va plus vite en descente qu’en montée…) pour entamer cette fameuse "dirt road" que j’avais vu sur la carte. En arrivant dessus je tombe sur des flèches, ce sont celles du marathon ! Cool, sans le vouloir je vais même reconnaître une partie du marathon, puis un peu plus loin récupérer la seule partie roulante du XC qui était en fait sur ce chemin. Juste à l’endroit où le XC bifurque je m’arrête prendre quelques photos, j’ai un beau nuage noire au dessus de la tête (voir les photos) mais cela fait seulement 1h30 que je roule je décide donc de continuer comme prévu.
Petite parenthèse pour vous dire que je suis très amusé de voir que ces "dirt roads" sont supposées être praticables en voiture, dans les faits je pense qu’il faudrait précisé "4×4 only" car si je m’y étais aventuré avec ma voiture de location je ne pense pas que je l’aurais ramenée entière… rires.
 
J’entame donc une longue descente bien large, et l’orage ne tarde malheureusement pas à éclater. Comme souvent en montagne, quand le ciel se déchire ce n’est pas à moitié : pluie torentielle, foudre, etc. Le chemin sur lequel je me trouve se transforme rapidement en rivière, la durée de vie de mes patins de frein semble réduite à quelques minutes (cinq grand maximum) or ce que je ne sais pas c’est que la descente dans laquelle je me trouve dure environ 15mn à vitesse normale, et environ 30 pour moi à vitesse "ce n’est plus un chemin mais un torrent".
Plus bas dans la descente, le chemin n’est plus praticable (surtout sans frein) pour raisons diverses : chutes de pierre, tranchées profondes creusées par l’eau qui ne cesse de tomber. Je suis frigorifié, j’ai peur, je ne sais absolument pas où je suis… et cette descente qui me semble interminable ! Je sais une chose, je suis supposé retomber sur la route qui monte vers Brian Head à la fin de ce chemin, alors je continue, continue, continue… quand miracle je croise un 4×4 qui est lui en train de monter.
C’est en fait le propriétaire d’un des magasins de vélo de la station qui monte à la recherche de deux personnes qui lui ont louées des vélos et sont supposées arriver par ce sentier également. Il me dit que la route est à "half a mile" (environ 800m), j’hésite un peu mais suis tellement frigorifié que je décide de monter dans le 4×4 avec lui. En effet même si je rejoins la route il me restera plus de 10 kilomètres de montée avec des passages à 13% à parcourir, je ne m’en sens vraiment plus la force.
 
Je monte donc dans le 4×4, mais préviens mon chauffeur de circonstances que l’on risque d’avoir bien du mal à passer à deux ou trois endroits. Il continue à monter malgrès tout, et l’on arrive au premier de ces passages délicats. Il doit descendre bouger une buche qui gène notre passage, je suis persuadé que l’on ne pourra pas passer (tranchée très profonce), finalement ça secoue un peu mais ça passe… comme si je n’avais pas eu assez de sensations fortes pour ma journée !
Cela fait à peine cinq minutes que je suis dans la voiture, le chauffage est à fond et là mes yeux passent brièvement au dessus de mon cardio, puis y revienne : 42 pulsations, voilà ce que mon cardio indique. Quelques minutes seulement après être descendu du vélo, option 1 : je récupère très vite, option 2 : je tremble toujours et mon corps réagit bizarrement au froid (il fait moins de 5° dehors). Je vote pour l’option 2.
 
On ne retrouvera jamais les deux cyclistes, rassurez-vous il ne sont pas morts, simplement rentrés au plus court en voyant l’orage arriver. Quant à moi j’ai gagné un tour de 4×4 gratuit dans la montagne avant de me faire déposer à l’hotel pour une bonne douche chaude ! MERCI CHAUFFEUR.
 
Pour les 4h de vélo, il faudra revenir. J’ai un peu de mal à me remettre de ce coup de froid, après-midi à ne rien faire donc (à part internet) mais bien mieux en fin d’après-midi je pars faire un tour (en voiture cette fois) dans la ville de Ceddar City à 45mn de Brian Head. Rien de bien original dans cette ville par contre la route du retour par la montagne est de toute beauté !
 
C’est tout pour mon vendredi. Je vais me coucher en sachant qu’il faudra remettre mon vélo en état demain matin.
 
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Samedi 5 août
 
Il me faut donc remettre mon vélo en état.
Première étape : nettoyage. Jusqu’ici tout va bien.
Deuxième étape : changement de patins, déjà plus difficile, plus personne ne roule en v-brakes aux US, les patins sont donc denrée rare. Je finis par en trouver deux (merci à Matt, mécano du Team Gary Fisher) que je monte à l’arrière, puis pour l’avant on se dit que ça tiendra encore un peu. Là ou ça devient plus amusant, c’est qu’il n’est en fait plus vraiment possible d’ajuster mes patins correctement, mes jantes se sont complètement creusées dans ma mésaventure d’hier, et les patins ne cesse de se bloquer dans ce qui semble maintenant être leur empreinte dans la jante.
Je rentre à midi en m’imaginant déjà monté des disques sur mon vélo cet après-midi, mais cela m’embête franchement de devoir investir dans des disques alors que j’ai les nouveaux XTR qui m’attendent dans mon bureau chez Look. Je tente donc l’ultime solution, l’achat de patins de "cyclos". Plus gros, ils ne se bloqueront peut-être pas dans les fentes creusées dans mes jantes. Essai concluant, ça freine pas grand chose, mais ça fera l’affaire.
J’arrive donc à partir rouler vers 15h après que le cross-country pro ait eu lieu. Deux heures de pur plaisir une fois de plus (sans vraiment chercher à m’économiser pour demain), le VTT ici c’est vraiment le pied !
 
Samedi soir, c’est grosse fiesta… euh non pas vraiment, je me couche vers 20h30, le départ du marathon ayant lieu à 7h demain matin.
 
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Dimanche 6 août
 
Réveil à 5h, vers 6h15 je monte sur le site de départ, il fait encore nuit, il fait franchement froid mais le ciel est clair ce qui laisse espérer une fort belle matinée sur le vélo.
Après avoir retrouvé quelques sympathiques coureurs dont Mike du team Trek qui m’avait si gentillement assisté à la Sea Otter et Clint que j’avais rencontré sur la marathon de Mont Saint Anne, on arrive vite au moment fatidique du départ. Je suis très étonné de voir sur la ligne les top crosseurs américains Adam Craig (Giant) et Jeremiah Bishop (Trek) qui ont déja courru le XC hier après midi.
7h pétante, le départ est donné, on attaque d’entrée une bosse d’environ 30mn et ça part vite, très vite, trop vite.
J’ai avant tout envie de me faire plaisir, et je sais que cela passe par une bonne gestion pour ne pas finir à l’agonie comme ce fut le cas au Canada et à Val Thorens la semaine passée. Je vais donc passer l’intégralité du marathon à un bon rythme, sans jamais me mettre dans le rouge.
Bien entendu, pas de grande performance en vue à ce rythme là, par contre j’ai pris plaisir comme rarement cette saison.
Je philosophe un peu tout en prenant un énorme plaisir sur le vélo pour en arriver à la conclusion suivante : à certains moments de la saison, le plaisir passe par la performance pure, par le désir de se surpasser, etc… puis à d’autres, lorsque la fatigue s’installe et que les sensations sont moins bonnes la source du plaisir peut-être différente, toujours sur mon vélo, mais cette fois sans "me mettre minable" et en roulant à un rythme qui me laisse apprécier l’environnement dans lequel je roule, qui me laisse suffisamment d’énergie et de lucidité à l’abord de belles descentes dans lesquelles je peux m’éclater !
 
Je parcoure donc mon marathon sans prise de tête, le sourire aux lèvres, en m’arrêtant deux fois pour "besoins naturels" quand l’envie m’en a pris, et comme il se doit en finissant bien loin de la gagne… on ne peut pas tout avoir (rires).
 
Je me sens plutôt bien après la course, quelques discussions et un lavage de vélo plus tard je retourne donc à l’appartement, remballe mes affaires et prends la route pour Moab vers 13h30.
 
De 13h30 à 18h30 je suis donc sur la route, mais pas n’importe quelle route : l’autoroute qui mène à Moab est entourée de paysages magnifiques (voir photos), je ne m’arrêterai que deux fois sur des "view areas" pour profiter des paysages et prendre quelques photos, mais j’aurai pu m’arrêter tous les deux kilomètres tant la route fut agréable.
 
Je suis donc maintenant à Moab, dont j’ai toujours entendu dire que c’était le paradis du vététiste. J’ai trois jours pour vérifier cela et n’hésiterai pas à vous dire si cette légende se révèle être réalité.
 
A très bientôt.
Pyf
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Un commentaire pour USA suite, une mauvaise journée pour deux bonnes

  1. JMvdE dit :

    adventures like yours are a great way dream !

    Félicitations et merci, y’a pas a dire ça donne envie !

    Tu pourras tenter une reconversion dans la presse, là au
    moins tu entretien la flamme du biker qui se dit …un jour peut être !

     

    Bonne continuation et fait toi plaiz’

     

    JM

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