La Transmorvandelle pour un deuxième maillot de champion de Bourgogne

Suite à un championnat de France catastrophique, il me tenait à coeur de me rattraper le week-end suivant à la Transmorvandelle, classique bien connue et qui sert de support au championnat de Bourgogne Marathon.
En marathon, un seul titre est déservi puisqu’il n’y a pas de catégorie. Pour prendre le maillot il faut donc l’emporter au scratch un point c’est tout.
 
En cette fin de saison qui m’aura beaucoup appris, je commence à mieux me connaître et à savoir les situations qui me conviennent le mieux pour l’emporter ou tout au moins faire une bonne course. Je fais pars de ce petit secret à Vivian Massiaux, journaliste au Journal du Centre lors d’une conversation téléphonique trois jours avant la course et voilà ma stratégie tout dévoilé dimanche matin dans le journal "Faire la course tout seul en tête". Si les autres concurrents avaient lu le journal, ils savaient au moins à quoi s’attendre de ma part.
C’était en effet une idée fixe toute cette semaine, l’esprit revanchard j’étais determiné à courir ainsi et tous mes proches (que ce soit Caro ou encore ma Maman) étaient informé que j’attaquerai aussi vite que possible… encore faudrait-il en être capable.
 
Les conditions ne sont pas mauvaises sur la ligne de départ, il a plu toute la nuit certes, mais il fait environ 15° et surtout il ne pleut pas. Cela veut dire que contrairement à Guéret nous sommes dans des conditions qui ne me déplaisent pas : boue sans le froid.
 
Deux imprévus quand même sur la ligne de départ :
– la course de 42km part en même temps, avec deux juniors très costauds et un sénior du limousin qui lui non plus n’amuse généralement pas le terrain.
– la présence de Laurent Certain (vice-champion du monde 30-34 ans) qui n’étais pas inscrits à l’avance il me semble.
 
La stratégie semble donc un peu compromise puisqu’il faut tout d’abord être capable d’attaque un grand coureur (en la personne de Laurent) qui ne me laissera sans doute pas partir si facilement et dans le même temps lâcher sans se mettre dans le rouge (longue distance oblige) des coureurs qui partent pour "seulement" 42 kilomètres alors qu’il m’en restera 28 lorsque je passerai sur la ligne à la fin de ma première grande boucle qui sera pour eux ligne d’arrivée.
 
 
Le départ est donné pour une boucle de 4km, suivi d’une de 38km pour finir sur une boucle finale de 28km. Sur la première petite boucle je prends rapidement les devants avant d’être relayé par Benoit Geoffroy (Elite 2 sur route) que je connais pour ces bonnes performances en cyclo-cross, dans ces conditions boueuses un cyclo-crossman est certainement un homme à rajouter sur la liste des hommes dangereux.
On repasse groupé sur la ligne après 4km avec donc les bons de la course de 42km, et pour le 70 Laurent Certain, Benoit Geoffroy et Olivier Galli que je n’oublie pas puisqu’il est le champion marathon en titre.
Le début de la plus longue des trois boucles se fait dans la ville de Chateau-Chinon avec plusieurs séries de marches à négocier et pour finir une montée très raide nommée "le calvaire" avant d’entamer les chemins.  Dans cette bosse précédée d’escaliers, je vois qu’il m’est possible de lâcher tout le monde sans attaquer outre mesure, je ne m’en prive donc pas et me voilà donc parti pour un long raid solitaire (tout du moins je l’espère).
La suite de la course est en fait assez simple pour moi, je me sens très fort, les coureurs du 42km ne sont pas capables de me reprendre et je les verrai arriver au sprint pour la victoire environ une minute après mon passage sur la ligne. Moi je suis bien entendu lancé pour la dernière boucle de 28km en pensant avoir seulement deux minutes d’avance sur mon premier poursuivant (j’en ai en fait treize mais je n’ai pas cette info), pas question donc de se relever.
Je ne reverrai personne si ce n’est les motos avec lesquelles j’ai passé la totalité de la course. Les dix derniers kilomètres me rappelle cependant qu’un marathon est avant tout une bataille contre soit même, et même seul en tête le début de fringale ne m’épargnera pas.
Je finis comme je peux, et utilise le zest d’énergie qui me reste pour passer la ligne d’arrivée en roue arrière.
 
Je l’emporte avec un peu plus de seize minutes d’avance sur Laurent Certain, il n’y avait donc pas vraiment de quoi s’inquiéter (dommage que je n’étais pas informé de mon avance pendant la course !!!). Très fatigué mais très satisfait, il ne reste plus qu’à attendre la remise des récompenses pour enfiler mon second maillot de champion cette année. Moi qui n’en avais jamais eu jusqu’à présent, voilà une année qui m’aura permis de me rattraper.
 
 
Je suis à 99% satisfait, et le 1% qui reste correspond au petit point d’interrogation qui reste : étais-je vraiment si fort aujourd’hui ou mes adversaires n’étaient-ils tout simplement pas bien ? Réponse vendredi au Roc d’Azur puisque je n’ai que 4 jours pour récupérer entre ces deux marathons.
 
Ps : Caro fait deuxième à Ornans après avoir à nouveau pris un gros coup de froid tout près de l’arrivée. La victoire s’est certes envolée alors qu’elle semblait acquise mais je suis très fier de ma Caro qui a réussi à vaincre sa crainte du froid. Et puis la Coupe de France était de toute façon déjà gagné avant cette dernière manche alors on peut bien se contenter d’une deuxième place !
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