Changement / Stabilité

Je vais m’écarter pour une fois des récits de courses et autres résultats pour aborder des aspects un peu plus "cachés" de ce qu’est ma vie et de quelle manière le vélo l’occupe, tout ceci ayant un lien direct avec les résultats que je vous donne d’habitude.

Mon envie de créer cette nouvelle rubrique intitulée "philosophie" (petit manque d’originalité sur ce coup là…) vient en fait d’une remarque de Caro en milieu de semaine dernière alors que nous allions nous coucher : "je regardais les photos sur ton blog et entre 2006 et ce début 2008 je trouve que tu as énormément changé". Sur le moment nous en rigolons, je lui dis qu’ "elle se moque" ou que ce sont surement "les produits", mais après réflexion et en y regardant d’un peu plus près je m’aperçois effectivement que j’ai changé toute comme mes aptitudes physiques sont je pense en train de changer !

Alors qu’est-ce qui a changé pour 2008 ? (en partant des causes pour aller vers les "conséquences", en l’occurence positives)

1) Après une saison 2007 "ratée", en bonne partie du fait d’un changement de travail peu réussi avec déménagements, arrêt d’entraînement et compétition et fatigue associés, nous effectuons fin septembre 2007 avec Caro un retour à la case départ : Nevers. "Case départ" oui, mais avec une leçon de prise. Aujourd’hui je pense être capable de regarder en arrière et voir cette expérience comme une bonne chose, sans avoir l’impression d’avoir perdu une saison, beaucoup d’argent, de la crédibilité, etc. Non, aujourd’hui je vois plutôt cela comme l’expérience qui m’aura fait comprendre énormément et qui me permets d’être heureux aujourd’hui… alors si c’était à refaire et que cela me permettait d’en tirer cette même leçon je pense que je referai. La question ne se pose de toute façon plus puisque "c’est fait", la leçon est prise !
J’ai eu aussi beaucoup de chance puisque Look m’a offert la possibilité de revenir avec des conditions pour m’entraîner qui me permettraient de progresser cet hiver, une fois de plus Merci Look !
A partir de là, un très bon état d’esprit aidant, j’ai pu mettre en place une organisation dans l’optique de préparer la saison 2008 au mieux.

2) Cela commence par l’envie d’avoir de nouveau un entraîneur, et j’ai trouvé en Antoine Perche (http://www.velotraining.net) un très bon conseiller déjà parce qu’il partage la même vision du vélo (j’y reviens ensuite) que moi et surtout parce qu’il a la compétence et l’ouverture d’esprit qui m’évite depuis maintenant plus de six mois de tomber dans le doute.

3) J’ai tout les outils nécessaires pour effectuer du travail qualitatif et m’évaluer : SRM, Polar, de bon rouleaux (http://www.trutrainer.com/) pour les jours de pluie, depuis peu des Powercranks et une piscine municipale tout près du travail dans laquelle je passe beaucoup de temps. Le SRM est probablement l’investissement le plus utile que j’ai effectué ces dernières années, et mon temps passé en Italie à "rouloter" sans réels objectifs dans les montagnes environnantes a au moins eu pour bon effet de me donner du temps pour apprendre à me connaître du point de vue de la puissance, ce qui m’a fait gagner bien du temps ensuite lorsqu’il a vraiment été temps de travailler sérieusement avec !

4) Au risque de vous faire rire, je crois qu’à bientôt 25 ans ma croissance se termine ENFIN ! Bien entendu cela fait longtemps que j’ai ma taille définitive, etc. mais je pense que c’est seulement maintenant que j’ai ma musculature adulte. C’est je me souviens ce qu’il me manquait dans mes bonnes années junior ou je ne pesais que 54kg ce qui pouvait être un avantage en bosse certes, mais me portait préjudice partout ailleurs. C’est à 25 ans que je commence à avoir besoin de me raser le visage tous les jours ou presque et que je commence à sentir que la force ne me manque plus autant qu’avant. Je récupère par ailleurs de plus en plus vite, même en grosse période d’entraînement.
Bien entendu l’aspect force dont je parle est à prendre avec des pincettes dans la mesure où nous avons effectué un gros travail sur ce point particulier cet hiver (avec de la musculation en salle, avec le compex et bien entendu sur le vélo) mais tout ceci fait que ma musculature a changé et que je suis passé de jambes assez longilignes à un peu plus de volume musculaire.

5) J’ai trouvé la sérénité et associée à l’expérience des années précédentes, cela me permet plein de choses :
– le travail avec un entraîneur.
– la capacité à savoir me faire décrocher à l’entraînement si je juge que cela ne m’est plus profitable… "le refus du défi" est un art que très peu de cyclistes ont réussi à apprivoiser, je privilégie toujours la qualité et la récupération (pour toujours être capable de bien travailler le lendemain) au besoin de prouver, ce qui signifie souvent se mettre "dans le rouge" et donc compromettre les entraînement suivants.
– l’acceptation des mauvais jours, qui n’entraînent par pour autant une remise en cause complète de tout ce qui a été fait jusqu’à présent.
– la gestion des douleurs associées à mon syndrome rotulien (celui là je le traîne à vie)… et qui m’avait fait arrêter le vélo lors de ma première année espoir (je n’étais pas mûr pour gérer mon entraînement avec ce problème à ce moment là).
– d’être tout simplement épanoui dans mon travail et dans ma vie.

Voilà pour les principaux changements, le résultat coule de source : je pense être plus fort que je ne l’ai jamais été. Je me trompe peut-être et je connais les aléas du vélo, je suis donc bien conscient que je ne réaliserai peut-être pas mes meilleurs résultats pour autant, mais j’ai au moins mis tout en œuvre pour progresser et cela en soit est une grande satisfaction !

Je me dois de parler de ce qui n’a pas changé pour être complet sur ce que je souhaitais aborder :

1) Notre mode de vie à Caroline et moi même, pour certains nous sommes des moines : couchés à 21h30 au plus tard, le plus souvent levés à 5h le lendemain matin. Une alimentation saine et autant que possible équilibrée, pour moi cela peut signifier manger des pates ou des légumes secs au petit-déjeuner si j’ai un gros entraînement de prévu entre "midi et deux" et j’en passe et des meilleures. La chance que nous avons c’est que pour l’un comme pour l’autre ce mode de vie ne représente en rien une privation, voilà pourquoi nous ne rencontrons pas le besoin de faire des écarts régulièrement comme cela pourrait être le cas si tout cela nécessitait des efforts permanents.

2) Mon approche vis à vis de tout ce qui peut toucher de près ou de loin aux secteurs "médical" et "pharmaceutique" : mon dernier test d’effort remonte je crois à 2004 (je me débrouille maintenant à la maison avec le SRM), ma dernière prise d’un Doliprane ou autre Aspegic doit remonter à 4 ou 5 ans en arrière. Pour l’anecdote, les seuls médicaments que j’ai du avaler ces dernières années "de force" furent des anti-infectieux lorsque l’on m’a retiré des dents de sagesse, j’avais par contre refusé la piqure de cortico-stéroïdes tout comme la prise d’un quelconque anti-douleur post-"opératoire". Pour moi, tant que je le pourrai je ne chercherai jamais à dissimuler la douleur qui est au contraire une information précieuse donné par notre corps. Bien entendu comme tout le monde il peut m’arriver de prendre un coup de froid et dans ce cas j’essaie de bien m’hydrater, bien dormir et j’attends que mon corps ne fabrique les anti-corps nécessaires à la guérison. Je pense à la fois avoir de la chance de ne jamais être vraiment malade mais considère cela aussi comme une récompense : cela fait des années que je laisse mon corps se battre et je récolte aujourd’hui les fruits de ce choix.
Alors m’arrive t-il d’avaler autre chose que de la nourriture… et bien malgré tout oui : produits énergétiques –> de préférence des Punch Power qui sont les aliments pour sportifs les plus sains que j’ai pu trouvé, de temps à autre du Ginseng certifié Bio, exceptionnellement des anti-oxidants naturels et pour finir du Stimol avant les grands évènements comme Denis Riché me l’avait conseillé lorsqu’il me suivait pour la diététique. Cela peut-paraître beaucoup et peu à la fois. Il y a peut-être encore plus "clean" que moi mais je pense être du bon coté quand même !

3) Ma motivation ! Ayant arrêté la compétition "sérieuse" de 2002 à 2006, je suis à 25 ans motivé comme un cadet et certains grands évènements comme la Sea Otter Classic, à laquelle j’ai la chance de participer tous les ans, me font rêver avec un grand R.

Je m’arrête ici pour mon écart du jour, en espérant qu’il vous aidera à me connaître un peu mieux. C’est dingue comme un petit changement dont on vous parle peut parfois vous amener à cogiter. Il est cependant toujours très intéressant de faire le point sur soi, comme MONSIEUR STEPHAN sait si bien le faire (j’attends d’ailleurs son livre avec impatience) sur le site d’un concurrent (rires…). Je n’ai pas la prétention de faire aussi bien ni sur le vélo (le Jean-Paul a quelques maillots arc-en-ciel à son actif quand même) ni en terme d’écriture, mais c’est un exemple pour moi qui partage beaucoup de ses points de vue.

Temps pour moi de passer à autre chose dans un emploi du temps toujours bien chargé, mais je vous donne comme prévu rendez-vous dimanche prochain, en espérant que toutes mes belles paroles se traduisent par un tant soit peu d’efficacité sur le terrain !

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2 commentaires pour Changement / Stabilité

  1. antoine dit :

    jolie article
    un esprit dans un corps sain🙂😉

  2. emilien dit :

    Actuellement en vacances un peu forcées ( échec à un concours), j’essaie de me ressourcer en multipliant les lectures notamment dans le domaine sportif. C’est en réalisant cette activité qui, depuis quelques jours m’est quotidienne, que je suis tombé par hasard sur ton site internet. Ton passage concernant le refus du défi me semble très intéressant et d’autant plus difficile à mettre en œuvre lorsque l’on privilégie les entrainements qualitatifs  où le volume est peu conséquent. En effet, il est fréquent de culpabiliser suite à un entrainement qui se voulait court mais intense(IT dit de Gimenez par exemple) que l’on ne parvient pas à réaliser du à une fatigue excessive. Dans un tel cas, l’impression de ne pas travailler à l’entrainement est décuplée car la charge d’entrainement se révèle dès lors très faible. Apprendre à écouter son corps, réaliser un compromis entre un désir de progrès sans cesse croissant et un organisme qui a ses propres rythmes d’adaptation constitue un des défis les plus difficiles à relever dans l’art de l’entrainement sportif. Enfin, dans un autre registre, je partage complètement ton admiration pour J-P Stephan et attend avec impatience son ouvrage. Son engagement dans le domaine de l’Education Physique scolaire mais également dans le VTT font de lui un modèle pour moi. J’espère pouvoir communiquer avec toi et te félicite pour ton résultat en Coupe de France ainsi que pour ton blog bien sympathique.

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