Sea Otter 2008, le film de la course

En guise d’introduction, je me dois de préciser quelle importance la Sea Otter a dans mon calendrier. Je ne vais pas m’en cacher, c’est la course que je ne veux pas rater, celle qui est notée d’une croix rouge dans mon calendrier dès le Roc d’Azur de l’année précédente passé. Ça peut paraître un choix étrange dans la mesure où il peut sembler plus intéressant de bien réussir une Coupe de France ou autre course importante du calendrier français, mais il n’y a rien à faire j’aime cette course. Au fond je ne suis qu’un amateur faisant du vélo pour son plaisir alors autant orienter sa préparation vers les courses qui me plaisent le plus !

Au vu de ce que je viens de dire, j’ai forcément un peu de pression au matin de la course, ce ne sont pas loin de six mois de préparation pour arriver en forme ici qui sont en jeu et j’espère avoir bien travaillé !
Nous sommes bien chouchoutés sur le stand Look USA et on a même réussi à me dégoter des rouleaux pour que je m’échauffe comme à la maison !
Le montage de la plaque sur le cintre rajoute encore une dose de pression, j’ai le dossard numéro 4 donc probablement une bonne ligne, il n’y a donc "plus qu’à" ! Curieux de constater au passage que je puisse avoir une meilleure ligne de départ aux USA qu’en France, alors que je n’y cours qu’une à deux fois par an…
Je ne rentre pas dans les détails des vingt-cinq minutes de rouleaux, et nous voilà déjà sur la ligne de départ : première ligne pour moi, troisième pour Miguel. Le tour quasi complet du circuit automobile permet de toute façon d’inverser les positions dix fois, Miguel pourra se replacer.
Le départ est donné, je me fais volontairement un peu remonter pour ne pas prendre trop de vent, malheureusement je finis par me faire remonter par un peu trop de monde et il me faudra effectuer un petit effort pour me replacer, rien de bien méchant. A la sortie du circuit, les hommes de tête montent la première bosse très vite, trop vite et voyant qu’il me faudrait littéralement être au sprint pour rester dans les roues, je décide de me laisser décrocher. Cette décision aura une grande incidence sur le reste de la course et je n’arrive toujours pas à savoir si c’était la bonne décision. Je me retrouve en effet en quinzième position environ, puis très vite à la onzième place, Miguel est bien évidemment dans le bon coup. Le problème, c’est qu’après avoir doublé les coureurs qui s’étaient un peu enflammés au départ, je suis bel et bien seul et à ma grande surprise j’ai très souvent en vue les deux petits groupes devant. Le groupe de tête contient huit coureurs, suivent le champion du Costa-Rica et un coureur israélien puis moi. Encore plus surprenant, à moi tout seul je reprends du temps sur ces deux groupes (j’apprendrai de la bouche de Miguel que le groupe de tête s’est un peu regardé en fin de premier tour) tant et si bien qu’à la fin de la première boucle de trente kilomètres je suis à 36 secondes du groupe Miguel et que je reprendrai les deux hommes devant moi en roulant tête dans le guidon sur le circuit après avoir passé la ligne d’arrivée pour la première fois.
Je me sens donc un peu moins seul pour ce deuxième tour.
Pendant que Miguel s’échappe pour aller remporter une très belle victoire, nous commençons à reprendre quelques uns des coureurs qui avaient sur-estimé leur force en s’accrochant tant bien que mal au groupe de tête. Nous reverrons juste un coureur canadien du team Scott revenir fort de l’arrière et qui fera une bonne partie du tour avec nous. Mon aisance dans le sable me permet de créer quelques petits écarts mais à un contre trois et avec le fort vent j’ai du mal à maintenir une avance ensuite.
C’est ensuite moi qui perds un peu le contact avec le costa-ricain et le canadien alors que le coureur israélien est toujours avec moi. Dans les interminables collines ramenant à l’arrivée, je reviens à quelques mètres des deux de devant mais au prix d’un gros effort et une fois à trois mètres derrière je me fais relâcher.  Là mon cerveau commence à calculer un peu (manque d’ambition peut-être…), entre faire six et faire huit à la Sea Otter il n’y a pas une grande différence, je ne veux par contre surtout pas prendre le risque de perdre mon top 10 ("top ten" pour parler un peu américain, rires…), car si j’explose à mon tour, les deux places seront très vite perdues !
Je maintiens donc un bon tempo sans prendre de risques jusqu’à l’arrivée. Je dois ensuite admettre que la dernière descente sur le circuit automobile et la vue de la ligne d’arrivée en bout de ligne droite me procure une certaine émotion. Qu’il est bon de sentir que son travail est récompensé !
Je franchis la ligne un peu plus de sept minutes après Miguel, ce qui pour un amateur comme moi n’est que très peu. Les accolades sont au rendez-vous aussi bien avec Miguel, Christophe (le boss français de Look USA) et bien entendu les américains. Un grand moment de joie ! Malheureusement ce moment de joie est un peu écourté quand j’apprends que Caro m’attend à la voiture et qu’elle n’est pas au mieux. Malheureusement elle n’a jamais digéré ni le décalage horaire ni les coups de froids successifs que l’on a pris depuis notre arrivée. Le temps de la consoler et j’arrive quand même à vite retrouver le sourire pour passer une bonne soirée.

Alors oui je sais, contrairement aux autres années les top européens n’étaient pas là puisqu’une Coupe du Monde avait lieu le même week-end à Houffalize, il faut donc relativiser un peu cet excellent résultat. Cependant pour être juste dans les deux sens, j’ai aussi jeté un œil aux temps : sur le même circuit et avec les mêmes conditions de course que l’an dernier (vent et terrain sec) Miguel effectue un temps similaire aux groupe de trois qui arrivait au sprint l’an dernier (Kabush – Péraud – Sauser) et moi je mets quasi huit minutes de moins cette année, ce qui me plaçait quand même dans le top quinze avec tous les bons européens. Un top quinze avec tout le monde ou un top dix avec une majorité de nord-américains, dans les deux cas je signe et suis de toute façon 100% satisfait de mon niveau et du travail accompli.

Quoiqu’il arrive, mon début de saison est donc plus que satisfaisant en ayant si bien réussi ce premier gros objectif. Je remets maintenant les compteurs à zéro, avec un peu de repos dont je profite pleinement pour me fixer mes prochains objectifs.

Merci une fois de plus de me suivre dans mes aventures !
Pyf

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