Et depuis la Sea Otter…

Le temps me manque depuis notre retour de Californie, voilà pourquoi j’ai peu écrit ici. L’envie d’écrire est par ailleurs plus grande lorsque tout va bien que lorsque les choses se compliquent, c’est pourtant dans les moments de doute qu’écrire semble le plus utile, histoire de prendre du recul sur sa propre "histoire".

Mon ton peut paraître dramatique, il n’y a pourtant rien de bien grave. Je redécouvre simplement comme chaque année que l’équilibre d’un sportif qui travaille en parallèle (ou d’un travailleur qui fait du sport pour être plus exact) est très fragile, je m’imagine assez souvent marcher sur cette ligne avec un coté où tout va bien et l’autre où je m’écroule aussi bien physiquement que psychologiquement. Il suffit malheureusement que le vent tourne légèrement pour que je tombe du mauvais coté.

Que s’est-il passé pour que je craque comme cela ? Pas grand chose, mais lorsque l’on marche sur cette ligne, il suffit justement de "pas grand chose". Cela commence le mercredi après la Sea Otter, une sortie de VTT découverte sur les hauteurs de Santa Cruz, je grimpe une bosse glissante avec une trajectoire hasardeuse ce qui, associé à un boyau arrière complètement lisse et à un évident manque de concentration, se finit par un genou cognant très fort dans le guidon. Mes genoux étant mes maillons faibles, je me doute que j’en ai pour quelques jours (voilà la version optimiste)… cela va faire un mois et je suis encore embêté.

Au retour de Californie (lundi 28 avril), je sais qu’il est temps d’attaquer la préparation pour les marathons. Le temps d’encaisser le décalage horaire et nous nous rendons le jeudi 1er mai sur une cyclosportive en Auvergne. Après 80 bornes avec le petit peloton pour la gagne, mon genou me lâche complètement, je finirai comme je peux puisque je ne trouve de toute façon pas de chemin plus court pour rentrer que de suivre le parcours. La bonne nouvelle c’est que cela aura permis de faire cinq heures de vélo !
Dans la foulée, le dimanche 4 mai, nous nous rendons sur l’ouverture de la Coupe de Bourgogne à Givry. C’est un superbe circuit et c’est donc avec plaisir que nous y retournons. Il y a quand même un "mais", mon genou est bien inflammé de la cyclo sur route, je crains donc d’être très ennuyé. Le tour de reconnaissance confirme cette crainte, à la fin de ce tour j’ai bien du mal à pédaler.
Je suis donc résigné à faire la course en rando, je suis en troisième ligne et pour une fois ça ne m’inquiète même pas, je me replace un peu avant la première bosse juste pour ne pas risquer d’être gêné et de devoir posé pieds à terre. Sur le haut de cette même bosse, je suis troisième encore une fois sans trop chercher à faire la course, puis je vois tout le monde "ralentir" alors que je n’ai pas encore le sentiment d’avoir de mon coté vraiment forcé. J’accélère alors un coup "pour voir" en me disant qu’au mieux je ferai trois ou quatre kilomètres en tête. Quatre tours, quelques bonnes douleurs au genou droit et une rencontre avec un arbre (et le gros hématome qui en résulte) plus tard, je passe la ligne d’arrivée avec je crois plus de cinq minutes d’avance. Cela fait plaisir, d’autant que la concurrence était bien présente. Il y a cependant quelque chose qui ne colle pas vraiment : les sensations n’ont jamais été bonnes pendant la course, je me suis par ailleurs vraiment secoué en percutant l’arbre !

Mon corps s’est rebellé pendant une journée, pour mieux tomber malade le lendemain ! Moi qui n’est pas été malade de l’hiver, je me retrouve avec une énorme crève les trois jours suivant. Comme d’hab je me soigne à base de sommeil + hydratation + vélo sans toucher le moindre médicament, à chacun ses remèdes. Cela finit par passer mais un signe de plus pour me montrer que je suis limite ces temps ci.
La bonne nouvelle c’est qu’il était prévu que je ne cours pas le week-end du 8 mai. Bien entendu je m’entraîne mais un long week-end à la maison sans déplacement est quand même bien plus reposant qu’un week-end de course.

Voilà qui était sur le point de me remettre sur de bons rails, d’autant que le genou se porte mieux. Il ne me restait donc plus qu’à aller calmement sur cette dernière semaine jusqu’à la Coupe de France de Wallers. "Calmement" s’est vite transformé en "difficilement". Caroline a commencé à travailler à plein temps le 5 mai, mine de rien cela change pas mal notre organisation et c’est un peu plus fatigant pour nous deux. Et puis cette semaine avant Wallers correspond aussi à la préparation d’un gros évènement annuel chez Look : la présentation de notre nouvelle gamme à nos distributeurs étrangers (PS : ne me demandez pas des photos de la gamme, je n’ai pas le droit d’en distribuer…). Voilà comment ma semaine de travail se termine samedi à 14h45 alors que nous aurions du partir pour Wallers (tout près de Valenciennes) la veille. Juste pour rire, voilà comment s’est déroulé mon samedi : lever 5h30, à 6h30 j’étais au Karcher pour nettoyer nos vélos à Caro et moi, à 8h15 chez Look jusque 14h45 sans coupure, une fois de retour à l’appart déjeuner, puis après dépose du chien chez la tante à Caro, départ vers 16h de Nevers. Arrivée : 21h.
Ne nous reste plus dimanche matin qu’à récupérer nos dossards et préparer les vélos.

Au lever dimanche matin, même si la motivation n’est pas exceptionnelle je suis pourtant prêt à prendre le départ. Caro déjà moins lorsqu’elle voit le déluge qui s’abat par la fenêtre. Une fois sur site, dossards OK, changement de plaquettes pour des neuves OK (sauf que je n’ai pas de plaquettes métal pour ces conditions…), je prépare aussi le vélo à Caro, sort le home-trainer de la voiture, pour finalement le re-rentrer dix minutes plus tard sans en avoir fait, il ne reste plus de temps. Là je crois que je commence à sombrer, d’autant que Caro est en pleurs dans la voiture frustrée de savoir par avance que même si elle prend le départ elle n’arrivera pas à finir dans ces conditions. Je finis par rentrer son vélo dans la voiture alors que nous sommes à 5mn de mon départ. J’y arrive sans échauffement et mal positionné sur les lignes, ça aussi je finis par m’y habituer…
Maintenant que j’en reparle, je vois effectivement assez mal comment j’aurai pu réussir cette course. D’autant que dernier détail pour tout arranger, j’avais laissé notre seul garde-boue pour Caro… plaquettes pour le sec, pas de garde-boue : me voilà fort bien équipé.

La suite, vous vous en doutez, c’est 1h de course avec le groupe de tête et les 30mn qui restent une descente aux enfers. Je croyais ne plus avancer bien vite car la motivation était partie, en fait je me suis aperçu après mon abandon que mon vélo a du m’aider un peu dans ma grande démotivation : une fois les plaquettes mortes, mes pistons sont sortis de leur logement, ma roue arrière ne fait pas plus d’un quart de tour si je la lance de toute mes forces.
Ne sachant pas ça, j’ai cependant tenté de m’accrocher tant bien que mal aux coureurs qui me passaient sans jamais pouvoir prendre la roue, assez frustrant, au point que j’avais vraiment l’impression d’être nul !

Je passe les détails de cette course sans intérêt et horriblement mal organisée (jusqu’aux douches et aux podiums…), pour ne la retenir que comme la couche finale d’une chute que je sentais venir. Il ne fallait plus grand chose pour que je craque et cet aller-retour "chez les ch’tis" en 24 heures de temps aura fini de m’achever.

La présentation de la nouvelle gamme VTT lundi s’est malgré tout bien passé (une journée de plus sans pouvoir m’entraîner quand même…), le plus dur est donc peut-être (je l’espère !) derrière moi.
Cette semaine pourrait donc être celle d’un début de reconstruction, en espérant que Caro et moi trouvions aussi un équilibre dans nos emplois du temps avec ses nouveaux horaires.

Il m’a fallu six mois pour construire un "haut" : la Sea Otter, un seul pour retomber très bas : Wallers, je touche du bois maintenant pour qu’il soit possible de revenir à ce que je peux faire de mieux en moins de six mois ! Je n’ai au moment où je vous parle pas la réponse, ce qui est sur c’est que la claque est prise et qu’il ne tient maintenant qu’à moi de rebondir.

D’ici là, roulez bien et à dans deux semaines au plus tard puisque notre championnat régional à lieu dans maintenant dix jours dans l’Yonne et que je ne manquerai pas de vous en parler (avec de bonnes nouvelles si possible !).

Pyf

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2 commentaires pour Et depuis la Sea Otter…

  1. Nicolas dit :

    ahhhhh…ca fait plaisir de te lire !!

  2. billy dit :

    Pyf, je ne peux pas me permettre de te donner des conseils, tu es bien plus doué que moi. Par contre une astuce de mécano, jamais de plaquettes neuves au départ d’une course " humide". tu roules en hope si je m’abuse, comme moi. J’ai roulé plus de 600km dans la boue avec des Hope Résine correctement rodé au préalable et 900km dans les memes conditions avec des Swisstop :)Sur ce bonne journée. Billy alias Proracing

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