Championnat d’Europe Marathon à Albstadt

Recette pour un week-end bien sympa : partez avec un collègue de boulot qui a la gentillesse de venir vous assister sur cette courte (Merci Fabien), arrêtez-vous chez des amis pour une soirée sympa en cours de route (Merci Coralie, Merci David), profitez de la journée du samedi pour une sympathique petite reco et réalisez votre course le dimanche bien plus vite que vous ne pensiez être capable de la réaliser ! Mélangez le tout et cela donne un week-end quasi parfait.

Voilà pour le tableau de ce week-end germanique, si je laisse de coté les doutes des jours qui ont précédé et ceux des jours qui ont suivi.

Les derniers jours avant cette course, ma tête me joue des tours, la fatigue est assez grande et je crois qu’elle est plus psychologique que physique… la motivation pour refaire un sac et de la voiture n’y est pas et j’en arrive à prendre une décision : pour combiner travail et vélo dans de bonnes conditions il va me falloir très rapidement réduire le nombre de courses loin de la maison. Une résolution de prise. En attendant de pouvoir mettre cela en application, mon programme est très chargé jusqu’au Championnats de France de XC Olympique le 19 juillet, encore un mois à tenir donc en dépit de la fatigue.

Une fois la voiture chargé et mon Fab récupéré chez Look, le moral revient, le plus dur était bien de partir et de laisser Caro derrière moi puisqu’elle n’est malheureusement pas du déplacement !
Un arrêt est prévu ce vendredi soir tout près de Belfort chez mes amis Coralie et David, nous arrivons vers 20h et nous lançons rapidement dans de grandes discussions qui nous emmènerons avec un délicieux dîner jusqu’au coucher vers minuit.

Samedi matin, après deux faux départs en raison d’un oubli de shampoing et de brosse à dent (ce qui prouve que nous sommes bien passés par la salle de bain… rires !), nous passons la frontière et écoutons studieusement le GPS qui nous emmène jusqu’à Albstadt. C’est là que ça se complique, Albstadt et en fait un groupement de villes et il doit y avoir en fait une bonne dizaine d’Albstadt. Bien évidemment je ne sais pas dans lequel est la course et nous les visitons donc tous les uns après les autres. Nous finissons par trouver des indications pour la course à Albstadt Tailfingen, il est environ 14h. Après avoir récupéré les dossards et s’être fait expliqué le circuit, nous partons faire une reconnaissance de la boucle la plus courte. La course sera en effet composé de deux boucles de 26 et 21 kilomètres à parcourir deux fois, du tout bon pour le public d’autant qu’il est possible au ravitaillement de voir les coureurs passés huit fois sur la totalité de la course. C’est important à signaler et il faut féliciter l’organisation car cela est quasi unique en marathon.
La reconnaissance de la boucle la plus facile donne une indication : il y a bien du dénivelé mais cela va rouler vite, très vite ! Nous prenons grand plaisir avec Fab à rouler ensemble et il me gratifie même d’un petit wheeling qui se termine sur les fesses : Merci pour le spectacle (rires…).
Avant d’aller se reposer nous faisons également les premiers kilomètres de l’autre boucle et qui correspondent aux premiers kilomètres de la course. La première bosse est très très raide, à la limite de ce qui peut être monté à vélo, ma remarque à Fab : "si tu n’es pas dans les premiers là, c’est à pieds"… il faudra s’en souvenir pour la course.
Juste à coté de notre montée, nous voyons la descente finale de cette boucle, nous sommes tentés de la faire mais le chemin nous en éloigne irrémédiablement, nous ne la reconnaitrons du coup pas mais elle semble en tout cas bien sympa avec de belles épingles et des bottes de paille pour protéger les coureurs d’éventuelles sorties de piste.

Je vous passe le retour à la voiture, l’arrivée à l’hôtel qui se situe dans un autre Albstadt, l’assiette de pâtes gargantuesque que j’arriverai à me faire servir au restaurant de ce même hôtel et la nuit de repos bien mérité pour arriver rapidement à la course elle même.

Départ à 11h, je commence donc à m’échauffer vers 10h10 sur les rouleaux (moi et mes rouleaux…). Je me place assez tôt sur la ligne pour ne pas me retrouver englouti derrière deux à trois cents participants, je suis quelque part entre la troisième et quatrième ligne, c’est parfait. Fab est avec moi sur la ligne de départ, il rejoindra ensuite le poste ravitaillement. Le départ est donné bien à l’heure et après un petit start loop de quelques centaines de mètres nous attaquons la bosse. J’ai fait très attention à être bien placé et la stratégie est payante, j’arrive à tout monter en vélo. Ce que je n’avais pas reconnu, c’était la bosse qui arrive juste après, celle là est un bourbier et ne passe pas en vélo sur sa partie finale, ça sera à pieds pour tout le monde sans exception. Comme toujours je perds quelques places dans le portage mais ce n’est pas un mal, il est important en marathon de se retrouver rapidement avec des gens de son niveau plutôt que de se bruler les ailes avec des coureurs plus rapides. Je me retrouve donc rapidement entre la trentième et la quarantième place, des petits groupes vont se former, et après quelques kilomètres de course nous allons nous retrouver à une bonne dizaine. Les descentes sont glissantes mais rapides et courtes, les bosses souvent dures mais pas assez techniques pour faire des différences et entre les deux les portions roulantes très rapides se succèdent. Bref, mieux vaut ne pas se retrouver seul ! C’est ce que je m’évertue à faire tout d’abord sur la boucle de 26km que je ne connais pas, puis sur celles de 21km que nous avions reconnu. A mi course nous sommes toujours nombreux dans ce groupe qui a finalement peu évolué mais je vois que certains commencent à avoir du mal à suivre, je fais malheureusement par moment partie de ceux-là ! Je m’accroche cependant, notamment dans le portage qu’il faut refaire une seconde fois et cela nous emmènera jusqu’au début de la dernière boucle de 21km, alors que la pluie fait son apparition tout comme les douleurs au genou droit. Nous ne sommes plus que cinq dans notre groupe (nous en avons perdu beaucoup) et un coureur plus fort se détache dans une bosse, nous ne le reverrons pas, je fais l’effort pour aller rechercher un second coureur qui avait pris de l’avance, nous ferons une bonne partie de la dernière boucle ensemble. Plus fort il me lâchera dans le dernier long col. Une fois seul, j’ai tout donné sur les derniers kilomètres pour ne pas me faire reprendre, en essayant tant bien que mal d’oublier à quel point j’ai mal au genou (et aux jambes dans leur ensemble bien entendu) et c’est passé. Sur la ligne, je suis 33ème en 3h49 (pour 95km !) et à seulement vingt minutes du vainqueur Alban Lakata. Du bon travail !

Temps de faire les comptes, je suis troisième français et il y a donc de fortes chances pour que je sois qualifié pour les Championnats du Monde qui auront lieu trois semaines après les Europe en Italie sur un circuit qui ne m’avait pas réussi il y a deux ans : Villabassa.
La question qui se pose, c’est de savoir si mon genou tiendra six heures de course… je suis donc divisé entre mon envie de courir mon premier Championnat du Monde et ma peur de ne pas finir ou d’avoir en genou en ruine pour le reste de la saison si je finis. Ma décision n’est pas encore prise, j’attends encore un tout petit peu pour voir si la douleur que je traîne depuis le déplacement en Allemagne venait à disparaître. Je ne suis à ce jour pas capable de faire six heures de vélo (déjà que deux…), c’est une certitude !

Bon ne finissons pas sur cette note négative… je suis super content de ce que j’ai pu faire à Albstadt et de ce déplacement en Allemagne voilà ce que je souhaite retenir.

A bientôt pour la suite, j’espère avec de bonnes nouvelles.
Pyf

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2 commentaires pour Championnat d’Europe Marathon à Albstadt

  1. Jeremy dit :

    Félicitations et bon courage pour le genou!

  2. billy dit :

    Pyf, je suis tes exploits avec un grand respect et beaucoup d’interet. j’espére que le genou sera remis pour l’italie.

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