Val d’Oise Trophy Bellefontaine pour le 4 à la suite, mais non sans mal !

Fosses – Bellefontaine, voilà une course sur laquelle je voulais retourner depuis des années (après vérification, dernière participation en 2003 durant mes années sans compétition "sérieuse") et enfin cette année j’y suis arrivé.

Je l’ai déjà dit, cette course se déroule dans "ma" forêt et depuis que j’ai repris la compétition en 2006 je souhaitais y prendre part, pour la gagne si possible. J’aurai cependant attendu 2009 pour cette première tentative et il semblerait que cela soit mon année : après une première victoire au Morvandiau il y a tout juste une semaine, je me suis imposé à Fosses. Voilà pour la grande satisfaction et pourtant cette victoire a un petit goût amer (éternel insatisfait ou simplement perfectionniste ?)… je vais vous en parler après mais commençons par la course.

C’est sur mes terres (j’ai vécu quatorze ans à moins d’un kilomètre du départ) et un circuit en partie reconnu la veille que je me présente sur la ligne de départ ce dimanche matin à 9h30. Il fait froid, très froid même et je suis du coup tout en long avec même un Buff sous le casque. La grande classe… mais je préfère assurer le coup à une semaine de l’ouverture de la Coupe de France quitte à ne avoir mon plein rendement aujourd’hui. Sur la ligne, je retrouve plein de connaissances et globalement il y a un beau plateau très habitué à ces courses rapides (malgré les quelques courts "raidards" présents, les courses sont toujours globalement roulantes en Ile de France). J’ai un peu la pression car même si je suis considéré comme l’un des (voir "le") favoris, je ne me suis jamais vu très à l’aise en Ile de France pas plus que je ne me suis déjà vu à l’aise par des températures inférieures à 10°, or nous sommes bien en dessous. Je sors par ailleurs d’un gros cycle d’entraînement en vu de la Coupe de France avec une dernière semaine épuisante. Il faudra faire avec !
Le départ est donné quelques secondes après celui des tandems, je ne suis pas en première ligne mais je m’extirpe très vite de la masse pour me retrouver devant dans le premier virage. Prendre de l’avance à ce moment là n’est cependant pas utile puisqu’une longue portion roulante nous attend pour rejoindre la forêt. C’est donc en peloton que nous rejoignons cette dernière avec d’inévitables attaques sur le grand plateau façon course de route. Rien de bien inquiétant cependant.
J’aborde en tête les choses sérieuses avec une première descente dans laquelle je prends de suite quelques mètres d’avance. Je ne suis cependant pas à l’aise dans les bosses qui suivent (froid = jambes dures) et je finis par laisser rentrer mon poursuivant qui n’est que quelques mètres derrière, autant allier nos forces et temporiser un peu pour récupérer entre les difficultés. Nicolas Vauchelles, le champion de France Ufolep, qui n’est pourtant que quelques mètres derrière ne rentrera par contre jamais et craquera même un peu ensuite.
Tout au fond du circuit se trouve la descente la plus longue et rapide et mon esprit fun prend le dessus, je prend un double d’une bonne douzaine de mètres de long à pleine vitesse que je dois être le seul à avoir vu. J’ai d’ailleurs bien du mal à m’arrêter pour tourner à la bifurcation en sable une cinquantaine de mètres plus bas. Ça me fait par la même prendre quelques mètres d’avance mais je ne cherche pas du tout à en profiter, je me retourne et demande à Bertrand Brochot qui est avec moi s’il a vu le double, il me dit "oui" mais rien de plus, ça n’a pas l’air de l’amuser plus que cela… tant pis. Puisque l’ambiance est sérieuse, nous revenons à des relais plus ou moins longs et au petit jeu de "qui craquera le premier". Je ne suis pas dans un grand jour mais je suis très solide moralement cette année et mes intuitions ont jusque là été assez bonnes alors dans la dernière montée raide avant de redescendre sur le château d’Hérivaux, j’ai le sentiment qu’il est à fond et que j’ai l’énergie pour en remettre une couche. Je me mets en danseuse, descends deux dents et creuse un trou d’une dizaine de secondes… peut-être moins même. J’insiste un peu dans le descente puis sur le plat en bas, nous voilà avec un écart entre dix et quinze secondes et encore un tour à parcourir plus le retour vers l’arrivée.
Je me répète mais je ne suis vraiment pas dans un grand jour et mon poursuivant est coriace. Dans ce deuxième tour l’écart est stabilisé, je suis toujours juste devant mais je ne craque pas du coup l’écart est stable. La moindre erreur serait fatale avec un écart si infime et mon rôle de "moto ouvreuse" ne m’est pas très favorable. Il n’y a pas de moto devant le leader et je me retrouve donc à prévenir les randonneurs qu’ils soient à pieds ou en vélo de notre arrivée. Je perds d’ailleurs quelques secondes en tombant nez à nez face à un groupe d’une trentaine de randonneurs… l’organisation de la course n’est pas mauvaise du tout mais la moto fait cruellement défaut.
Bien qu’en tête, je ne peux m’empêcher de sauter à nouveau mon grand double dans le deuxième tour mais cette fois j’anticipe un peu plus le freinage. Je vois de moins en moins Bertrand derrière, j’ai donc surement repris une dizaine de secondes supplémentaire mais pas plus. De quoi cependant rallier l’arrivée en m’autorisant même de me relever quelque peu dans les derniers mètres et de savourer ma quatrième victoire d’affilée : la plus difficile à aller chercher je pense !

Je suis très content de cette victoire mais comme je le disais précédemment j’ai du mal à m’en satisfaire complètement. Les coureurs derrière moi sont en effet de bons coureurs mais ne sont pas non plus des têtes d’affiche au niveau national. J’ai ce petit diablotin dans ma tête qui me dit que si je ne gagne pas plus facilement c’est que je n’aurai pas le niveau pour me bagarrer dans les vingt premiers sur la Coupe de France. Je n’ai pas la réponse mais il y a aussi des pensées positives et la perspective d’une vraie semaine de surcompensation avant St-Raphaël pour me consoler. J’en reparle avec mon coach un peu plus tard en voiture (avec kit mains-libres bien sur, je ne suis pas un brigand, rires !!!) et tout comme moi il n’a pas la réponse, réponse que nous n’aurons qu’après St-Raph.
Si je n’ai pas encore de vraie réponse sur mon niveau physique ce qui est sur c’est que je progresse moralement, deux de mes quatre dernières victoires n’en auraient surement pas été il y a encore pas si longtemps alors peut-être que si j’arrive à combiner un même jour (idéalement dimanche prochain) force physique et gros mental, une belle performance semble possible.

Quoiqu’il en soit et en guise de conclusion, si l’on s’en tient au barème de Julien Lepers dans "Questions pour un champion", un "quatre à la suite" est déjà un bel exploit alors je vais tenter de ne garder que cette image positive là, de me rappeler que mes deux objectifs de mars sont accomplis (Morviandiau + Val d’Oise Trophy) et d’aborder serein et reposé la course de la semaine prochaine qui sera d’un tout autre niveau.

Merci à vous tous de continuer à me lire et à me soutenir !
Pyf

Cet article a été publié dans Récits de courses. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s