Absa Cape Epic : suite et fin

Voilà, c’est déjà fini. Ce type d’épreuve on y pense et tente de s’y préparer pendant des mois, on la craint et l’on est persuadé que cela sera interminable et puis elle arrive, on la vit pleinement, ça passe très vite (trop vite) et l’on se réveille un lundi matin dans l’avion avec un petit vide : pas de réveil à 4h50, pas de cuissard à enfiler à 6h ni de départ au lever du soleil à 7h. Au lieu de ça, dès le lendemain matin on est au bureau submergé par des images plein la tête.

J’ai pourtant eu la chance, très souvent grâce au sport, de vivre un très grand nombre d’expériences et voyages tous plus intéressants les uns que les autres, mais la Cape Epic restera une expérience toute particulière de par la densité « d’action » accumulée en onze jours au total sur le sol sud-africain (deux jours de tourisme, un jour d’organisation pré-compétition, huit jours de course) mais aussi du fait que c’était ma première grande épreuve par équipe ce qui la rend humainement très spéciale d’autant qu’elle a été partagée avec un très bon ami.

Je vous ai quitté la semaine dernière à la mi-course, restaient à parcourir quatre étapes : un contre-la-montre assez court, une étape en ligne de 143km, une étape en boucle de 120km et l’étape en ligne finale de 62km.

Comme prévu nous effectuons le contre-la-montre à bon train sans plus, juste pour le plaisir je m’efforce à ne pas poser un pieds par terre sur l’ensemble du parcours en dépit des deux montées très très raides. Le parcours est magnifique et a été rendu encore meilleur par la pluie tombée la nuit précédente qui a collé le sable et la poussière au sol. L’adhérence est fabuleuse ce qui permet de réellement s’éclater dans les beaux singletracks et descentes rapides. Une journée sympa et « reposante » à la fois.

Le lendemain c’est l’étape la plus longue qui nous attend, nous avons déjà passé plus de 6h sur le vélo mercredi et nous nous attendons à revivre un scénario proche ce vendredi. Petite spécificité de l’étape, la grosse ascension du jour démarre après le 100ème kilomètre, autant dire qu’il faudra être prudent. Malheureusement on a beau être dans une stratégie prudente, la course ne permet pas toujours de l’être… c’est ainsi que j’ai bien cru que l’aventure allait s’arrêter là quand Jeff est pris dans une grosse gamelle quelques hectomètres après le départ : un vélo qui vole, un Jeff que je vois tomber la tête et l’épaule la première (casque cassé qui finira à la poubelle d’ailleurs), je crains alors le pire. Mais le Jeff est solide, le vélo aussi et les deux repartent avec juste des égratignures : un miracle ! Si on passe cet obstacle c’est qu’on a la chance de notre coté (et qu’on ira donc au bout), en partie tout au moins puisqu’on ne peut pas dire que cette chute était une aubaine…

La suite de l’étape ne pose pas de problème si ce n’est qu’on est un poil lent à mon goût dans la dernière bosse, je comprends cependant qu’après une telle chute Jeff n’ait pas des sensations d’anthologie ce jour là, je n’aurai surement pas été mieux !

Avant dernière étape le samedi autour d’Oak Valley, encore six heures de vélo, on se dit qu’en ayant roulé sur la réserve toute la semaine il y a surement un coup à jouer aujourd’hui. Le problème c’est que Jeff tire ses cartouches un poil tôt dans l’étape, on fait 90km super puis Jeff tombe en panne d’essence (ou de cartouche, c’est comme vous préférez😉 ), dommage car les 30 derniers kilomètres sont composés quasi exclusivement de singletracks qui auraient mérités qu’on leur accorde un peu plus de vitesse et vivacité. Ca nous permet cependant de nous expérimenter à la technique de « j’te pousse dans le dos » qui me donnera des idées pour le lendemain… à suivre donc !

Dernière étape plus courte le dimanche et j’ai ma petite idée derrière la tête… le bon résultat qu’on a pas réussi à faire la veille c’est notre dernière chance de le faire et ça nous assurerait de conserver notre place dans le top 40 scratch final, deux bonnes raisons de se rappeler des leçons de la veille ! Me sentant très bien, nous décidons qu’il serait malin d’économiser Jeff depuis le début, à l’abri sur le plat, ma main dans le dos pour les bosses, ça marche impeccable et au 25ème km nous sommes avec les équipes pros quand soudain… plus de Jeff derrière… « et M***E ». Fort heureusement je le vois arriver à peine une minute plus tard, le casque un peu de travers, la carrosserie (du bonhomme et du vélo) encore un peu plus rayée qu’elle ne l’était déjà, je vais devoir pousser encore un peu plus fort dans les bosses pendant quelques kilomètres jusqu’au portage obligatoire dans lequel Jeff retrouve ses jambes, il cavale le bougre ! Après cela on continue à remonter jusqu’à reprendre la première équipe mixte qui est en tête pour la première fois de la semaine, on décide de perdre un peu de temps mais de les aider à gagner leur première étape de la semaine. Ils se marient le vendredi après la Cape Epic, cela serait vraiment un beau cadeau pour eux que de gagner une étape ! Ils s’accrochent dans la roue, je ne demande de relai à personne pendant plus de dix kilomètres, eux iront chercher leur victoire et nous notre meilleure place sur ces huit jours, ça clôture parfaitement cette superbe semaine. Cette dernière ligne d’arrivée franchie c’est à la fois comme je le disais plus haut un mélange de soulagement et de vide à la fois. Quelques jours de repos et je vais vite penser aux prochains objectifs car la Cape Epic a tant occupé mon esprit cet hiver que j’en ai parfois oublié que mes vrais objectifs vont arriver assez vite, en triathlon cette fois.

Pour conclure, quelques remerciements : à Jeff déjà qui m’a entraîné dans cette superbe aventure, on aurait pu en ressortir fâchés tant c’est difficile certains jours, on en ressort au contraire encore plus amis ! Aux sponsors qui nous ont permis d’avoir du matériel super performant et fiable (aucun problème de toute la semaine) et les moyens financiers pour participer à cette épreuve et un merci à nos femmes respectives pour nous avoir laissé partir entre hommes ;-))))) !!!

Et comme pour l’article précédent, deux photos pour finir (c’est bien nous en blanc sur la première).

Et adieu les tentes…

Cet article a été publié dans Récits de courses. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Absa Cape Epic : suite et fin

  1. bilute dit :

    ce récit donne envie d’y aller.
    Vous devez avoir de biens belles images dans la tête.

  2. Jérôme dit :

    Cela mériterait un reportage sur un magazine vtt cela !
    Impressionnant ce nombre de tentes, faut pas tomber à côté d’un ronfleur ;-))
    Bonne prép pour les futurs triathlons !

    • PYF dit :

      Le vrai reportage sera justement dans un magazine VTT, je vous en parlerai bientôt😉

      • seb dit :

        Salut
        bravo pour cette expérience, je vous contacte car j’ai un petit rêve avec un ami, c’est de faire cette magnifique épreuve
        et j’aurais aimer savoir, si il y des points clé a connaitre, et si vous avez eu a faire a un interlocuteur français
        merci d’avance et encore bravo
        sportivement
        seb

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s