Vibram Natural Games : un week-end au paradis pour une course à pieds d’enfer !

Je commençais à m’en approcher de cette première victoire en tri, 3ème mi mai sur un CD, 2ème il y a deux semaines de nouveau sur un CD, il m’a fallu attendre de revenir sur un format « outdoor » pour accrocher mon premier succès. C’était donc ce week-end sur les Vibram Natural Games à Millau sur lesquelles avait lieu pour la première fois un triathlon outdoor (format type Xterra mais ce label étant une marque déposée seule les courses officielles peuvent l’utiliser).

La course avait lieu samedi et j’ai eu la chance d’avoir toute la journée du vendredi sur place pour reconnaître le parcours VTT et nager un peu dans le Tarn où se déroulait la partie natation. Au delà des reconnaissances, ça m’a donné le temps de profiter du site, de l’ambiance multisports et tout simplement du décor qui est juste grandiose. J’apprends aussi que la course à pieds risque de ne pas être des plus simples, voilà ce que l’on m’indique aux inscriptions : « vous voyez la montagne derrière vous à la sortie de la ville avec les deux antennes en haut, bah un peu de plat pour en atteindre le pieds puis vous prenez plus de 500m de dénivelé positif en 3km et cela redescend à peu près aussi raide de l’autre coté avant de revenir vers la zone départ / arrivée ». Ok, donc si je comprends bien, sur 10km nous avons au programme 2km de plat à l’aller et au retour et donc 3km de montée extrême et 3km de descente extrême. Ne connaissant rien au « vrai » trail, j’ai mon insouciance pour moi, je n’ai pas la moindre idée de ce qui nous attend.

Nous sommes un peu plus d’une centaine dans l’eau à 13h30 samedi. Les copains m’ont un peu mis la pression en me qualifiant de « favori » et le fait que Steeve Laurent, parrain de l’épreuve et bon spécialiste du Xterra, soit bien là mais en spectateur car blessé semble leur donner raison. Je ne connais à vrai dire pas les autres participants à part Benoit Lochkovitch qui avait terminé 3ème derrière moi il y a deux semaines en Auvergne mais que je sais un peu moins à l’aise en VTT. La pression ne m’atteint que très très rarement alors si je dois la réserver pour quelque chose cela sera pour les courses du circuit Xterra (et encore !), c’est donc très zen que je prends le départ. Bon je dois l’admettre, je ne reste pas forcément zen très longtemps quand le départ est dans un élément qui m’est si peu familier : l’eau. Mais c’est le principe du triathlon alors d’une course à l’autre je me soigne (en passant de plus en plus de temps dans l’eau) et sur ce 800m je sens quelques progrès. Moins de panique, une nage plus posée et j’ai mes amis Anne et Jean-Marie pour points de repère… et pour une fois je suis le premier des trois à sortir de l’eau, youpi🙂 ! D’après les résultats que j’ai reçu par la suite, je serais sorti 5ème individuel de la transition, donc ça doit être à une ou deux places près ma place à la sortie de l’eau également. Cependant il faudra doubler plus de concurrents à VTT puisque des participants du relais sont aussi monter sur le vélo avant moi, d’autant qu’eux n’ont pas de transition à effectuer (juste à se taper dans les mains pour se passer le relais). Un petit mot sur la transition qui me conforte dans une impression que j’avais déjà eu en Sardaigne : en Xterra j’aime avoir des chaussettes, ceci étant dit je crois qu’il va falloir que j’apprenne à m’en passer à VTT car à la sortie de l’eau avec la tête qui tourne et les pieds mouillés je perds un temps fou à les mettre. A partir d’Xterra France je vais donc tenter de faire le VTT pieds nus et de ne faire que la CAP avec les chaussettes, comme je le fais sur les tris sur route. Mettre les chaussettes en descendant du vélo me pose apparemment bien moins de problèmes. Fermons cette parenthèse.

Une fois le VTT lancé, tout va bien et à la fin de la longue montée je reprends le dernier vététiste faisant parti d’un relais qui restait à l’avant de la course. Me voilà seul en tête. J’accentue mon avance tout en me faisant vraiment plaisir sur ce beau parcours VTT et c’est ainsi que je pose le VTT après 1h20 soit à la minute près ce que j’avais planifié (j’ai des témoins) !

Trace GPS + courbe VTT

J’attaque donc la course à pieds avec paraît-il une confortable avance, que je ne sais cependant pas chiffrer. Il est un peu difficile de sortir de la presqu’île sur laquelle se situe la zone de transition car il y a énormément de monde et il n’est pas possible pour les organisateurs de tout bloquer le temps du triathlon mais globalement cela passe sans encombre. S’en suit un peu plus d’un kilomètre en bord de Tarn avant de devoir le traverser, il fait extrêmement chaud alors j’en profite pour me jeter dedans avant d’attaquer la montée. A la fin de la traversée j’ai de l’eau jusqu’au torse… j’apprendrai après la course qu’il y avait un petit ponton (indiqué) pour éviter de se jeter dans la partie la plus profonde… hum je ne sais toujours pas où il était celui là !!! Le bain pris, la montée attaque, sur route d’abord avec d’importants pourcentages, je trottine toujours, me retourne de temps à autre, personne en vue, je ne m’imagine pas à ce moment là que cela va devenir bien plus dur que ça ne l’est déjà. On rentre dans un sentier (j’aurai dit un singletrack si on parlait de vtt) et là plus possible de courir, c’est raide de chez raide. Je marche aussi vite que possible et commence à m’inquiéter : « peut-être que derrière certains spécialistes du trail courent ??? ». Un oeil sur le Garmin m’indique que je ne peux de toute façon pas courir, je suis au dessus des 180 pulsations en marchant, j’essaie de me rassurer en me disant qu’il doit donc en être de même pour les autres. Le doute resurgit cependant quand j’ai l’impression d’entendre du monde derrière, enfin en dessous serait plus juste, ni une ni deux je réaugmente le rythme de mon escalade (c’est vraiment le sport auquel cela s’apparente le plus), je monte bientôt autant avec les mains qu’avec les pieds tant c’est raide. Enfin le haut, Maman et Marcel sont là, les encouragements sont les bienvenus ! Je crois le plus dur derrière moi, je vais pourtant plus souffrir dans la descente que dans la montée. C’est aussi raide que la montée, très glissant, seul avantage c’est plus ombragé. Je m’accroche à tous les arbres qui passent, nous avons même droit à une traversée de grotte (magnifique). Ce qui devait arriver finit par arriver, une première chute, elle déclenche crampes / contractures à l’ischio gauche et en me relevant au quadriceps droit. 4-5 secondes plus tard, je repars raide comme un piquet et forcément seconde chute ! Même sanction si ce n’est que derrière l’ischio on se rapproche de plus en plus du claquage et on s’éloigne de plus en plus de la simple crampe. J’en tire la conclusion adéquate : je n’ai plus le droit de tomber, la vigilance est de mise. Nous sommes à deux semaines du Xterra France et même si j’ai très envie de gagner ici je ne peux pas sacrifier le reste de la saison pour autant. Je serai donc très vigilant sur le reste de la descente et quel soulagement de retrouver le plat en bas ! Nouvelle traversée du Tarn, nouveau bain, personne en vue derrière, cette fois c’est bon ! Je finis avec l’ouvreur de l’organisation à mes basques (merci à lui pour les encouragements !) ce 10km en 1h05… oui oui vous avez bien lu !

Trace GPS + courbe trail

Je me suis vraiment inquiété et fait mal pour rien sur le trail (les voix que j’avais cru entendre devaient être celles de randonneurs), la première équipe arrive plus de 7mn après moi, le premier individuel Jérémie Garric (11ème du Championnat de France Elite duathlon 2011 tout de même) 13mn après. J’étais dans un bon jour, l’anecdote c’est que je suis toujours dans un bon jour quand ma mère vient me voir, la dernière fois c’était au Championnat de France Marathon VTT en 2009, j’avais pris la 3ème place. Maman si tu me lis, tu devrais venir plus souvent !!!

A l’heure où je boucle cet article, nous sommes jeudi soit cinq jours après la course, je pense pouvoir reprendre l’entrainement sérieux ce soir, je m’étais vraiment fait mal sur le trail et mon ischio aura eu besoin de quelques jours pour s’en remettre. Ce n’est pas tout à fait ce que j’espérais dans l’optique du Xterra France (je voulais faire une grosse semaine d’entraînement) mais il faut savoir s’écouter et mieux vaut se présenter au départ d’un objectif avec un entraînement en moins qu’avec une blessure qui subsiste en raison d’une reprise prématurée. Nous déménageons aussi l’appartement de Caro à Lyon samedi, autant dire que je ne peux pas espérer me rattraper ce week-end. Tant pis, malgré ces petits « couacs » dans la préparation je crois en mes chances de bien figurer au Xterra France, il me faudra indiscutablement réaliser une meilleure natation qu’en Sardaigne pour ne pas avoir à effectuer une de mes nombreuses remontées impossibles (qui portent bien leur nom)… d’ici là comme toujours (s)portez vous bien, je m’efforcerai d’en faire de même😉

Photos des Natural Games : ici

Résultats hébergés par mon club : ici

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3 commentaires pour Vibram Natural Games : un week-end au paradis pour une course à pieds d’enfer !

  1. Rémi des monts d'or dit :

    Bravo champion !
    Maintenant, faut renouveler un top10 à xonrupt.
    A+

  2. Laurent Alric dit :

    Bravo pour cette trés belle perf et ce trés beau récit!!

  3. Jérôme dit :

    Bravo pour cette victoire, la première d’une belle série à n’en pas douter. Toujours un très beau résumé « Xcellent » 😉

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